Carême en approche, jeûnons donc !
L’aumône (ou don, partage), la prière, et le jeûne sont trois pratiques spirituelles qui nous viennent du judaïsme, que le Seigneur Jésus lui-même a vécues et enseignées, et que l’Église nous recommande tout spécialement pour ce temps de carême qui commence mercredi.
Les règles sont simples et vraiment minimalistes : nous devons jeûner et nous abstenir de viande le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. L’abstinence de viande porte aussi sur tous les vendredis de carême. Ces règles concernent les personnes en bonne santé, de 14 à 60 ans. Mais hors de ce cadre, il est quand même recommandé à chacun de choisir sa manière de prier, de partager ses ressources, et de jeûner.
Quel est le sens du jeûne ? Ce n’est pas « de souffrir pour plaire à Dieu », ni seulement de nous priver pour partager avec ‘ceux qui ont faim’ – bien que cela soit aussi une pratique importante du carême.
« L’homme étant âme et corps, il ne servirait à rien d’imaginer une religion purement spirituelle : pour s’engager, l’âme a besoin des actes et des attitudes du corps. Le jeûne, toujours accompagné de prière suppliante, sert à traduire l’humilité devant Dieu. Le jeûne n’est donc pas un exploit ascétique ; il ne vise pas à procurer un état d’exaltation psychologique ou religieuse. On se tourne vers le Seigneur dans une attitude de dépendance et d’abandon total. »[1] On jeûne pour différentes raisons : pour implorer le pardon de Dieu, pour demander une guérison, pour se préparer à une mission difficile, pour se préparer à la rencontre de Dieu…
La pratique du jeûne – qui s’était réduite souvent à peu de choses chez les catholiques[2] – était devenue assez insignifiante. Mais il semble bien que beaucoup y retrouvent du sens – et notamment chez les jeunes. Le jeûne fait du bien au corps – et à l’âme. Le site de « Jour du Seigneur »[3], sur France 2, propose un documentaire de 26 minutes très édifiant sur le sujet : plusieurs personnes témoignent du changement spirituel provoqué en elles, à long terme, par la pratique régulière (tous les vendredis, par exemple) du jeûne et de la prière. Des retraites aussi sont organisées, alliant le jeûne et la prière.
Alors jeûnons ! Chacun à notre manière, selon nos possibilités, ne recherchons pas l’exploit. Remplaçons un repas par un potage. Ou seulement du pain et un morceau de fromage. (etc…) Mais surtout, « que le jeûne soit toujours accompagné de prière suppliante ».
P. Didier Monget.
[1] Vocabulaire de théologie biblique.
[2] Nos frères orthodoxes jeûnent bien plus souvent que nous.
[3] JDS.tv